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mardi 30 août 2011

Dejà-vu


DÉJÀ-VU - L'Amour est éternel de Kyung-II YANG , In-Wan YOUN , Seung-Ki YOON , Tae Hyung KIM et SW PARK, publié chez Soleil Productions, collection Gochawon, 2006.
(One Shot).

Résumé :

Quatre histoires courtes relatant des histoires d'amour. Quatre destins qui s'entrecroisent à travers le temps et l'espace.

Ce que j'en pense :

Aujourd'hui épuisé, ce petit volume présente sous bien des aspects plus d'intérêt que nombre de séries publiées aujourd'hui. Il montre plusieurs facettes de l'imaginaire romantique coréen, mêlant le renard blanc (d'une grande pureté, qui peut se transformer en humain), les vies antérieures, le destin tragique magnifié par la force du sentiment amoureux, etc.
Bien entendu, plusieurs de ces traits ne sont pas exclusifs à la romance coréenne, on retrouvera ainsi le mythe du renard blanc en Chine et au Japon également.
Bien loin de notre vision (moderne ?) de l'amour romantique à l'occidentale, ces quatre récits nous entraînent vers d'autres possibles amoureux. Un beau voyage que j'aurais regretté de ne pas accomplir le temps d'une lecture.

dimanche 28 août 2011

Le Cercle secret - 3


LE CERCLE SECRET - Volume 3 de Lisa Jane SMITH, publié chez Hachette, collection Black Moon, 2011.

Résumé :

Après son ultime trahison, Cassie craint d'avoir perdu à jamais la confiance du groupe.
D'autant que Faye, désormais leader, est devenue ingérable. Son nouveau credo : diviser pour mieux régner. Mais les choix que Cassie se reproche ont des conséquences plus graves encore. A cause d'elle, Black John a resurgi des ténèbres. Créateur du coven originel, il est prêt à tout pour retrouver sa place. La menace n'a jamais été aussi proche, il faut la conjurer : la ville entière est en danger. Cassie doit absolument trouver les Artefacts Primordiaux : c'est sa seule chance d'affronter à armes égales le terrible sorcier.
Car Black John a fomenté un plan diabolique dont Cassie est la clef. Un cercle puissant, un esprit maléfique, un affrontement inévitable. [source : Ed. Hachette]


Ce que j'en pense :

Une jolie conclusion pour cette série de sorcières.
L'histoire reprend certains éléments des premiers volumes et apporte des réponses plus que méritées au lecteur.

Certes, ce n'est toujours pas de la grande littérature mais seule l'habitude du traducteur de manger les mots des dialogues pour rendre un style oral m'a horripilée tout au long du roman.
"Je n'vois pas c'qui r'prend l'mieux c'qui m'énerve qu'une phrase de c'type-là. C't'un exemple, bien sûr. P'têt que j'suis trop vieille pour comprendre..."
N'ayant pas eu entre les mains le texte anglais, il m'est impossible de savoir si c'était un choix de l'auteur ou si seul le traducteur est responsable de ce massacre.

Bref, une bonne série, assez courte, facile à lire.

vendredi 29 juillet 2011

Les navigateurs de l'Infini


LES NAVIGATEURS DE L'INFINI - suivi de Les Astronautes de J.-H. ROSNY AÎNÉ, publié aux Editions Ombres, collection Petite Bibliothèque des Ombres - Les classiques de l'Utopie et de la Science-Fiction, 2011.

Résumé :

Les Navigateurs de l’infini, qui date de 1925, est sans doute son chef-d’œuvre.
Une mission d’exploration débarque sur Mars où elle découvre une race extra-terrestre, les Tripèdes, « irradiant une surnaturelle beauté ». Ils sont les derniers représentants d’une espèce très ancienne et très évoluée qui disparaît peu à peu, cédant la place à une nouvelle forme de vie, les Zoomorphes. Lors de son retour sur Terre, l’expédition ramène avec elle deux de ces êtres, un père et sa fille.
Cette dernière tombe amoureuse de l’un des terriens et le mode de reproduction sur sa planète étant quasi parthénogénétique, elle donne naissance à un hybride en pensant très fort au père qu’elle souhaite pour son enfant. [source : Ed. Ombres]

Ce que j'en pense :

Dans un style littéraire archaïque et charmant, l'auteur amène toute la fraîcheur de la science-fiction moderne dans ses balbutiements. Comme il est drôle de lire les conjectures faites sur des planètes dont on connaît aujourd'hui la nature (Mars, dans le cas de cet ouvrage).

Ce livre est à replacer dans son contexte. Écrit dans les années 20, il reste précurseur d'un style en développement, à mi-chemin entre le livre de science-fiction et le roman d'anticipation. Couvant malgré tout le désir de transmettre des valeurs (ouverture de l'esprit et de la perception, espoir, esprit d'aventure, entraide, partage, etc.) l'auteur place ses personnages dans un abîme fantastique sublimé où le lecteur, dévorant les pages de texte trop courtes couvertes d'un style au charme désuet, se perdra à son tour sur les côtes de la Planète Rouge.

Évidemment, j'adore.

mardi 19 avril 2011

Soil
















SOIL
de Atsushi KANEKO, publié chez Ankama, collection Kuri, 2011.

Résumé :

Il se passe des choses étranges dans la Ville de Soil, petite banlieue résidentielle d’ordinaire plutôt calme… La disparition soudaine d’une famille apparemment sans histoire va briser la tranquillité de la cité et semer le trouble dans l’esprit de Yokoi et Onoda, les deux détectives chargés d’éclaircir ce mystère.
Ce qui de prime abord pourrait passer pour une enquête de routine va rapidement tourner à l’énigme mortelle pour les deux policiers. Car rien n’est vraiment ce qu’il semble être dans cette ville étrange… Les deux enquêteurs réussiront-ils à résoudre le mystère avant qu’il ne soit trop tard ? Un manga qui utilise et se réapproprie habilement les codes du thriller et du film d’horreur. [source : Ed. Ankama]

Ce que j'en pense :

Une série aussi mystérieuse que glauque, qui change de tout ce qu'on aurait déjà pu lire en manga.

Le premier volume s'ouvre sur plusieurs pages sans texte. L'introduction est emblématique de ce que l'on retrouvera par la suite : sous des allures de récit incompréhensible, la trame se dévoile petit à petit pour qui a su voir les signes amenés par l'auteur. Le lecteur inattentif devra relire les volumes au fur et à mesure pour profiter pleinement de l'histoire.

L'intrigue surnaturelle étrange et surprenante est doublée d'une enquête policière classique, menée par deux inspecteurs. Un vieux dégoûtant aux manières laissant à désirer, macho et paresseux et une jeune inspectrice à la beauté absente, pleine d'entrain, servant de larbin au premier.
Une disparition a eu lieu, une famille entière a disparu de Soil, une ville de banlieue protégée où il ne se passe presque rien. Partant de là, tout se fissure, les animosités se révèlent, les caractères et les fautes se font plus présents.

La frontière entre réel et fantastique est bien souvent franchie, empêchant au lecteur de se fixer une limite dans les possibles causes dont résultent les bizarreries qui ont lieu.

Les graphismes séduiront par leur franchise, un trait qui ne met rien en valeur, sans trame ou presque, et un découpage de cases carré, rare pour un manga.

Chaque volume me surprend davantage, et je remercie Ankama d'avoir publié ce titre si spécial de l'auteur trop méconnu de Bambi (Ed. IMHO).

lundi 11 avril 2011

Crépuscule Vaudou


CRÉPUSCULE VAUDOU de Jean-Marc LOFFICIER, publié chez La Baleine, collection Club Van Helsing, 2008.

Résumé :

Août 2005. L'ouragan Katrina est sur le point de frapper la Louisiane. Dans l'ambiance lourde qui précède l'orage et pèse sur Big Easy, Hugo van Helsing va devoir affronter les anciens dieux vaudous. Des ruelles ténébreuses du Vieux Carré à la maison de Van Helsing qui dissimule ses secrets, des tombes pourrissantes du Cimetière n°1 aux marais fétides du bayou, c'est toute la Nouvelle-Orléans qui se retrouve au cœur d'une conspiration. Un complot, qui voit s'associer politiciens et financiers au terrifiant Baron Samedi sous l'œil monstrueux du cyclone. [source : Ed. La Baleine]

Ce que j'en pense :

Cette enquête se laisse savourer à tel point qu'on en demande la suite.
J'ai découvert par hasard cette série du "Club Van Helsing" aux éditions de la Baleine, et quel heureux hasard !

L'histoire est simple mais bien travaillée, réutilisant à la sauce surnaturelle nécessaire à toute intervention d'un Van Helsing digne de ce nom un élément historique (et climatique) réel.
Les nombreux rebondissements dans l'intrigue ne manquent pas de laisser le lecteur surpris et satisfait.

Un bon petit roman délassant qui me donne envie d'aller fureter dans d'autres titres de la série.

mercredi 6 avril 2011

Histoires pressées


HISTOIRES PRESSÉES de Bernard FRIOT, publié chez Milan, collection Milan poche Junior, 2010.

Résumé :

Histoires pressées, ce sont des histoires courtes à déguster à table entre deux bouchées, à l'école dans la cour de récré, ou ailleurs si ça nous chante. Histoires à terminer, à raccommoder, à détruire en mille morceaux.
Juste le temps d'un sourire, d'un frisson ou d'une émotion. Il arrive tant de choses bizarres dans la vie quand on sait comment la regarder ! [source : Ed. Milan]

Ce que j'en pense :

Un excellent pendant pour enfants au livre "Contes glacés" (Jacques Sternberg) dont j'avais fait la chronique il y a quelques mois.
Au fil des histoires, plus abracadabrantes les unes que les autres, l'auteur décortique mille idées pour apprendre à désapprendre les histoires sensées et à faire réfléchir au delà des mots.
Le sens s'entortille autour d'un axe loufoque, l'histoire qu'on attend n'arrive pas, remplacée par une autre bien plus originale. Tantôt drôles, tantôt effrayantes, les aventures sont courtes et savoureuses.

Une façon nouvelle d'aborder les contes ou les histoires courtes à dévorer à tout âge avec passion et sans modération !

mardi 5 avril 2011

Summer Wars
















SUMMER WARS
de Iqura SUGIMOTO, publié chez Kaze Manga, collection Seinen, 2010-2011.
(Série en 3 vol.).

Résumé :

Kenji, un lycéen timide et surdoué en mathématique, effectue un job d'été au service de la maintenance d'OZ, la plateforme communautaire d'Internet qui regroupe des millions de personnes à travers le monde.
A sa grande surprise, la jolie Natsuki, la fille de ses rêves, lui propose de l'accompagner à Nagano, dans sa maison familiale, pour l'anniversaire de la matriarche du clan Jinno'uchi. Mais ce qui promettait d'être une simple fête de famille va rapidement prendre une tournure bien plus belliqueuse. [source : Ed. Kaze]

Ce que j'en pense :

Une bonne petite histoire en trois tomes, sans longueurs, haletante et innovante.
Un amour secret, une famille surprenante, une menace planétaire.

Peu de séries publiées à ce jour mettent en scène les univers virtuels. Celle-ci non seulement retranscrit excellemment bien une communauté du net, mais elle joue sur les peurs et la manipulation qui peuvent découler d'un mauvais usage d'un tel type d'outils.

Les graphismes sont vraiment jolis, la démarcation monde réel/monde virtuel est très claire et je me demande ce que vaudra le one shot qui sortira prochainement ainsi que l'animé...
Affaire à suivre !

lundi 4 avril 2011

Les Gentlemen de l'Etrange


LES GENTLEMEN DE L'ÉTRANGE de Estelle VALLS DE GOMIS, publié chez Black Book, collection A Dé Couvert, 2010.

Résumé :

Dans le Londres du XIXe siècle, il se trame dans le brouillard des faits étranges et fantastiques.
Manfred, psychiatre et criminologue, accompagné de son ami Wolfgang, impulsif dandy mystérieux aux aptitudes encore plus mystérieuses, enquêtent et découvrent ce qui se cache sous le vernis apparemment lisse du réel. Des souterrains londoniens aux sombres dédales vénitiens en passant par les plaines glacées et sauvages d'Amérique du Nord, ils rencontreront des créatures aussi effrayantes que fascinantes et réaliseront que les mythes ne meurent jamais : ils se métamorphosent. [source : Ed. Black Book]

Ce que j'en pense :

Un hommage à une période riche en personnages de légende, réels ou issus de l'imaginaire et de la littérature. Au fil des pages, on verra ainsi apparaître Bram Stoker, Arthur Machen, Sherlock Holmes et bien d'autres...
L'auteur, sous forme de courtes nouvelles qui s'enchaînent, raconte des épisodes fantastiques au cours desquels les deux héros vont affronter des situations hors-normes. Surnaturel, fantastique, horreur, légendaire, mythes divers, on ne se cantonne pas à un type de rencontres particulier.

Une suite semble en préparation, qui permettra à ceux qui, comme moi, ont été frustrés de ne pas en savoir plus sur la mystérieuse Wilhelmine ou Ernest, la souris géante... Bonne nouvelle.

jeudi 17 mars 2011

Luck Stealer



LUCK STEALER de KAZU Hajime, publié chez Kazé Manga, collection Shônen Up !, 2011.

Résumé :

Yûsei Kurusu possède l'étrange pouvoir d'aspirer la chance des autres par simple apposition des mains.
Or un homme privé de sa chance est condamné à mourir. Pour sauver la vie de sa fille, incapable de produire sa propre chance, il s'attaque à des criminels, qu'il vide de leur bonne fortune. Mais personne ne peut agir ainsi sans attirer l'attention, et désormais, tout le monde dans les bas-fonds a entendu parler de l'assassin nommé Luck Stealer. [source : Ed. Kazé]

Ce que j'en pense :

Ce manga traite de la "chance". Une histoire fantastique dans la mesure où le héros est capable de manipuler celle-ci pour l'ôter à ses victimes et la redonner à sa fille.
Le mystère se dévoile au fil des volumes sans réellement se lever. On en apprend plus sur le héros et ses habitudes, des opposants inattendus lui barrent la route et toujours il triomphe avec la même résolution inébranlable : continuer de permettre à sa fille de vivre.

Les dessins assez minimalistes en terme de traits changent de ce qu'on peut trouver dans les shônen habituels et l'histoire ne tourne pas en rond (pour le moment en tout cas^^). Je trouve les illustrations couleurs assez décevantes, mais comme le scénario m'emballe, je pardonne le manque de savoir-faire en terme de colorisation.

L'autre défaut selon moi, mais il faut alors se souvenir qu'il s'agit d'un shônen et non d'un shôjo, est l'absence d'intrigue amoureuse. Mais je compte sur les volumes suivants pour me donner tort. L'espoir fait vivre.

samedi 19 février 2011

Ikigami
















IKIGAMI - Préavis de mort
de MASE Motorô, publié chez Kaze Manga, collection Seinen, 2009-2011.

Résumé :

Dans notre pays, une loi entend assurer la prospérité de la prospérité de la nation en rappelant à tous à tous la valeur de la vie.
Pour ce faire, un jeune sur mille entre 18 et 24 ans est arbitrairement condamné à mort pour une micro-capsule injectée lors de son entrée à l'école. Lorsque l'on reçoit l'Ikigami, c'est qu'il ne nous reste plus que 24 heures à vivre. Mais à quoi passer cette dernière journée, lorsqu'on n'a pas eu le temps de faire sa vie ? Que feriez-vous de vos dernières 24 heures ? [source : Ed. Kaze]

Ce que j'en pense :

Une série d'anticipation un peu morbide, mais d'une grande puissance morale. Tour à tour, l'auteur traite de gens d'extraction et d'âges différents (entre 18 et 24 ans) qui reçoivent ce préavis de 24 heures avant leur décès officiel. Selon leurs passés et leurs vies, on assiste à des drames, des miracles, des aventures abracadabrantes ou de simples embrassades paisibles.

Vu le caractère légèrement répétitif de l'action, même si la psychologie du livreur de mort est travaillée, il me semble que la série s'épuise petit à petit et il reste à espérer que l'auteur ne continuera pas trop longuement au risque de réduire considérablement l'intérêt de l'histoire. Au Japon, huit volumes sont publiés actuellement, et la parution française du huitième volume est annoncée tout prochainement.

Il est évident que c'est un titre mature quoique contenant peu de scènes de violence physique extrême ou à caractère sexuel. La violence est essentiellement psychologique et émotionnelle, tant vis à vis du héros que des gens à qui il est chargé de livrer l'Ikigami ainsi que leurs proches.

lundi 14 février 2011

Hellblade


HELLBLADE de Je-Tae YOO, publié chez Ki-Oon, 2011.

Résumé :

Londres, 1888.
La ville entière est plongée dans la peur depuis que Jack l'Éventreur rôde dans les ruelles mal famées de Whitechapel. A la nuit tombée, il traque, assassine et mutile ses victimes avec une extrême férocité. Son macabre rituel se répète inlassablement, laissant les enquêteurs sans le moindre indice. Mais les apparences sont trompeuses : bourreau comme victimes dissimulent un effroyable secret... Un ballet gore et énigmatique, véritable ré-interprétation du mythe de Jack l'Éventreur... [source : Ed. Ki-Oon]

Ce que j'en pense :

Précisons d'abord que puisqu'il s'agit d'un manhwa coréen et non d'un manga japonais, le style exact ne serait pas "seinen" mais "chungnyun", quoiqu'il s'agisse d'une catégorie équivalente désignant un titre pour les adultes, du fait ici de sa violence et de la maturité de certaines scènes.

En effet, niveau violence, le lecteur est servi. Pour une adaptation de Jack l'Éventreur, quoi de plus normal finalement. Mais en lisant cette série, on réalise que l'auteur va bien plus loin que ce que l'on avait imaginé, car ce que traque Jack, et les prostituées qu'il laisse mortes dans les ruelles sombres cachent bien leur jeu ! Le mythe a été entièrement revu à la sauce fantastique et pourra décevoir ceux qui attendaient une adaptation fidèlement et purement historique.
Les autres apprécieront le côté imaginatif qui confère à l'ensemble une profondeur nouvelle et permet de revoir Jack moins noir qu'on ne se l'imagine.

Serait-ce donc une ode à un tueur en série notoire ? Étrange réinterprétation qui marque cependant le début d'une série glauque, gore et vraiment addictive qui plaira sans nul doute à tous les lecteurs de Wolf Guy.

dimanche 13 février 2011

Le protectorat de l'ombrelle 1 - Sans âme


LE PROTECTORAT DE L'OMBRELLE 1 - Sans Ame - Une aventure d'Alexia Tarabotti de Gail CARRIGER, publié chez Le livre de poche, collection Orbit, 2011.

Si je n'avais que quelques lignes :

Un ouvrage fantastique d'une délicatesse inouïe où l'auteur nous emmène dans une Angleterre victorienne emplie de vampires, de fantômes et de loup-garous intégrés de manière si subtile que l'on se laisserait presque bercer par le naturel de ce quotidien inattendu.

Résumé :

Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales.
Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire.
Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ? [source : Ed. Orbit]

Ce que j'en pense :

Quel ne fut pas mon désarroi en lisant ce livre car plus le récit avançait plus trottaient dans ma tête les mots "Dire que j'ai failli passer à côté de ça !" tandis que, horrifiée que j'étais, le charme de la délicatesse de l'ouvrage me ravissait.

D'abord parce que j'ai été subjuguée entièrement par l'ambiance, les personnages et le traitement du monde fantastique adapté à la société victorienne anglaise, ensuite car il m'a été impossible d'interrompre ma lecture, j'étais littéralement ravie (dans tous les sens du terme).

Je m'enthousiasme maintenant de voir qu'en langue anglaise trois volumes sont déjà parus. Une suite est donc à prévoir et elle sera entièrement bienvenue. Non que l'ouvrage ne soit pas bouclé à la fin du dernier chapitre, une conclusion très "austenienne" quoique pleine d'inconvenances remplit totalement son office, mais davantage car je pressens que l'auteur a encore bien des mystères a nous dévoiler.

Le livre met en scène une jeune fille décalée, ayant grandi dans une famille qui n'a pas les mêmes valeurs esthétiques ou intellectuelles qu'elle. En effet, fille d'un premier mariage de sa mère, elle ne partage pas le sang de ses sœurs et a hérité d'une séries de tares de son père italien : un physique atypique, des manières trop directes, et j'en passe, le tout justifiant bien entendu son statut de vieille fille.
A côté de ces considérations jusque là assez classiques, ajoutons que le monde est rempli de créatures surnaturelles, et ce de manière avérée. Vampire, loup-garous, fantômes peuplent donc les salons et le gouvernement anglais. L'histoire du séparatisme de l'église est revu à la sauce fantastique, et l'histoire montrera tant le déroulement des conventions sociales de la haute société que le degré de connaissances scientifiques de l'époque (additionné d'un brin de surnaturel, cela s'entend).
Dans ce monde ainsi remodelé, notre héroïne, Alexia Tarabotti, aura bien des choses à faire pour trouver la place qui lui siéra au sein de ce capharnaüm.

Avec brio et humour, l'auteur nous emporte bien loin des habituels romans victoriens dans un sublime pas de deux amoureux entrecoupé de discussions empreintes de bienséance.
Un régal.

jeudi 10 février 2011

Nanja Monja
















NANJA MONJA
de Shizuka ITO, publié chez Glénat, collection Shônen, 2011.
(Série en 6 vol.).

Résumé :

Taro vit dans le petit village idyllique de Hananoki.
La vie y est paisible comme il se doit à la campagne. Enfin, pas si paisible que cela, puisqu’un jour Taro découvre que la forêt renferme un bien étrange mystère : elle est emplie d’un étonnant petit peuple qui vit autour des humains sans se dévoiler à eux… du moins jusqu’ici ! On nage en pleine ambiance Totoro, avec cette histoire bucolique, familiale, mettant en scène des esprits de la forêt et on a le côté sympathique des Minipousses, dans la description du petit peuple, dans ses habitudes de vie.
Manga bienveillant et sympathique, invitant au rêve, et résolument écolo bien entendu, Nanja Monja est affublé d’un dessin vivant aux traits assez universels. Nanja Monja peut donc plaire à un large public, au-delà des fans purs et durs de manga. Le titre de surcroît est relativement court, puisque terminé en 6 volumes ! [source : Ed. Glénat]

Ce que j'en pense :

Ce manga a le charme d'un film des studios Ghibli, que ce soit Mon voisin Totoro ou Arietty-Le petit monde des chapardeurs, et s'adresse à tous ceux qui ont gardé une âme d'enfant.

Un groupe d'enfants dans un village de vieux. Plein de traditions ancestrales et de mystères autour d'un grand arbre sacré. Puis, un soir, notre héros (dont les parents ont mystérieusement disparu autrefois) assiste à la chute d'une jeune fille qui avait entrepris de grimper à l'arbre magique. Craignant pour sa vie, il sort voir ce qu'il est advenu d'elle, mais seuls subsistent ses habits, vides, au pied de l'arbre...
On découvre alors que vivent au pied de l'arbre des humains miniaturisés, et là commence une aventure extraordinaire emplie de tendresse et d'amitié. Quoi qu'il en soit, les secrets du village sont précautionneusement gardés, que ce soient par les papys ou les êtres miniatures.

Un bien joli titre qui, outre le bénéfice d'être une série courte (6 vol.), nous entraîne dans un monde fantastique japonais où se côtoient mysticisme, surnaturel et rites séculaires.

vendredi 4 février 2011

Passages secrets


PASSAGES SECRETS de David BORIAU et GOUM, publié chez Casterman, collection KSTR, 2011.
(One Shot).

Résumé :

Véritable récit d’aventure où les enfants sont les héros, Passages Secrets propose de découvrir un univers fantastique où se mêlent légendes et réalités. Le Maire de la ville décide de mettre la main basse sur un quartier et son hôtel mythique pour assouvir sa soif immobilière et financière. Une bande de gamins débrouillards se mettent en tête de déjouer les plans du gros maire, jouant avec les mythes portés par cet endroit truffé de passages secrets… [source : Ed. Casterman]

Ce que j'en pense :

A mi-chemin entre les comics de super-héros et les Minipouss ou les Gummies, cette BD détonante raconte une aventure fantastique qui prend ses origines pendant la seconde guerre mondiale, quand un groupe de "superhéros" boutèrent les allemands loin de leurs murs. Mais les années ont passé, aujourd'hui la ville est tenue par un Maire corrompu avide d'asservir tout et tout le monde pour réaliser ses plans financiers.
Des gamins mal fagotés, des locataires dégingandés, un justicier de l'Art au sourire (trop) enjôleur... voilà la résistance qui s'oppose au maire maléfique. Le grand méchant a avec lui les médias et la police, le pouvoir, mais nos héros découvrent bientôt les secrets de ce grand immeuble qu'ils habitent et inversent la vapeur !

Dans la lignée des Goonies aussi, une équipe d'enfants justiciers rétablis l'ordre dans un monde désordonné et obscur de grandes personnes corrompues.

Les dessins rappellent vraiment certains dessins animés modernes (Les indestructibles, etc.) et le style graphique des comics américain se ressent à travers le découpage des planches et la colorisation.

Un beau projet.

dimanche 30 janvier 2011

L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde


L'ÉTRANGE CAS DU DR JEKYLL ET DE MR HYDE de Robert Louis STEVENSON, publié chez Librio, collection Imaginaire, 1996.

Résumé :

La ruelle est sombre, la silhouette furtive, l'homme pressé. Une fillette, par mégarde, le heurte. Et l'irréparable se produit : l'homme la jette à terre, la piétine et s'éloigne sans cesser de sourire...
Hélas on ne compte plus à Londres les épouvantables crimes de l'étrange Mr Hyde. Etrange ? Plutôt diabolique, songe le brave notaire Utterson. Et quel sinistre lien unit son ami, le pauvre Dr Jekyll, à cet individu dont la seule vue fait frémir ? Car si jamais visage a porté l'empreinte de Satan, c'est bien celui de Mr Hyde... [source : Ed. Librio]

Ce que j'en pense :

Très agréable construction romanesque, je me suis délectée de la mise en scène si classique : deux personnages (dont l'un important pour la suite de l'œuvre) badinent à propos de ce qui s'avèrera être le sujet de l'œuvre, et l'introduisent subtilement.
L'écriture très dense se laisse dompter aisément au bout de quelques lignes et si le récit n'excède pas les 100 pages, on y trouve aisément autant de contenu que dans certains romans récents.

Le thème de la dualité de caractère avec la face négative qui échappe au contrôle du côté bénéfique qui a péché par curiosité et soif de connaissances est certes connu, mais le voir ici conté par journaux interposés, par bribes, reste un savoureux instant. La fin se donne, trop rapide, tel qu'on ne peux que regretter de n'avoir de suite alors pourtant que tout a été dit et dévoilé.

J'apprécie cette nouvelle bien davantage que l'adaptation moderne (Alchimie de Beth Fantaskey) que j'avais lue il y a quelques semaines de cela.

Le fantastique classique et les romans victoriens recèlent une fraicheur inégalable...

jeudi 20 janvier 2011

Les aventures de Steve et Angie


LES AVENTURES DE STEVE ET ANGIE 1 - Enzymes sauvages de Antoine PERROT, publié chez Dargaud, collection Poisson Pilote, 2011.

Résumé :

Angie est chercheuse en cosmétiques. Elle prend rendez-vous avec un guide de pêche, Steve, pour prélever une enzyme de tanche aux vertus "revitaliftantes". Steve tombe immédiatement amoureux, mais la jeune femme n'est pas du tout sensible à son charme viril. sur la route, Steve et angie découvrent un camion très étrange: une véhicule spatio-temporel appartenant à des chasseurs d'esclaves, venus de l'an 2019 jusqu'à notre époque pour capturer des êtres humains. Angie et Steve entrent dans le camion vide, où Steve enclenche malencontreusement le système de voyage dans le temps: ils sont téléportés à l'époque des dinosaures! [source : Ed. Dargaud]

Ce que j'en pense :

Ce premier volume commence bien et forme une mise en bouche (ou en yeux) très agréable quoique trop brève. Peu de texte, beaucoup d'action. Les dialogues sont amusants, le sujet franchement loufoque et si la lecture laisser présager de bonnes choses pour la suite, elle laisse vraiment le lecteur sur sa faim.

Un mélange d'aventures, de futurisme à l'ancienne, de réactions primales de l'homme moderne et de considérations futiles de notre société actuelle... le tout en un seul album !

On ne peut que s'interroger sur la nature de la suite. Steve et Angie vont-ils être bloqués pour toujours dans ce milieu hostile ? L'auteur va-t-il choisir de sauter plusieurs années et nous montrer l'évolution de leur situation dans le temps ? Va-t-on rechercher les deux zouaves du futur ? La crème de soin ultime sera-t-elle créée à base de semence de dinosaure ? Autant de questions qui n'auront de réponses avant la sortie du second volume...

mardi 4 janvier 2011

Snow in the Dark


SNOW IN THE DARK de Yasuhiro KANO, publié chez Tonkam, collection Shônen, 2010.
(One Shot).

Résumé :

Yoshihito, un collégien un peu voyou sur les bords est secrètement amoureux de Kozue, la plus jolie fille de l’école. Pour être avec elle, il va tenter l’examen d’entrée pour le lycée privé de Nagi. Mais il ignore encore qu’il s’agit d’un établissement où sont réunis ceux qui présentent un potentiel pour manipuler la magie… [source : Ed. Tonkam]

Ce que j'en pense :

Ce volume d'histoires courtes commence par le prélude à la série M Zero (en 10 vol.) publiée chez Tonkam également. C'est le résumé de celle-ci qui apparaît ci-dessus.
Les trois histoires qui suivent sont mignonnes également, sur un ton assez léger, du bon shônen fantastique.

Le trait fin et délicat de Yasuhiro Kano fait son effet tant au niveau du rythme que de l'action.
Et à travers ses histoires on peut retrouver un hommage (voilé ?) à Masakazu Katsura (M, I"s, Video Girl Ai, etc.) pour les nombreuses petites culottes qui trainent au fil des pages, déshabillant en toute pudeur de jolies demoiselles aux courbes bien agréables.
Certaines histoires sont plus anciennes, et on sent que le travail de l'auteur était moins abouti, mais elles restent intéressantes néanmoins.

Bref, un bon volume d'histoires courtes, le troisième de l'auteur au Japon, mais le premier publié en français.

lundi 3 janvier 2011

Mal-Morts


MAL-MORTS de Jean-Marc LIGNY, publié chez L'Atalante, collection Le maedre, 2010.
(One Shot).

Résumé :

Elodie est une jeune fille douée d'une étrange faculté, elle attire des fantômes qui se nourrissent d'elle.
Et elle est épuisée par ce combat, au point de plus savoir qui va la tuer au juste : ses parents, la clinique ou les morts. Sans doute les trois à la fois. Une seule choses pourrait l'aider à sortir de cet enfer: l'Amour. La rencontre avec Orfan, son idole, star adulée de la jeunesse, qui l'intègre à son groupe de rock, la transfigure. Mais l'amour, qui repousse les morts, peut être aussi un poison pour les vivants. [source : Ed. L'Atalante]

Ce que j'en pense :

Sans concessions. Un vrai bon roman ados sur les fantômes et la folie.

L'auteur nous prend aux tripes en mettant tout les personnages à nu, subtilement.
A travers les problèmes (revenants récalcitrants) de la jeune fille, en sont abordés d'autres. Les gens qui l'entourent perçoivent son mal et l'associent à ce qu'ils peuvent : maladie, folie, anorexie, demande d'attention, émancipation, caprice, mal-être, manque d'affection, ...

Entourée de mensonges et de secrets, Élodie réalise que ce ne sont pas les morts les plus mal lotis, mais plutôt les vivants, enfermés dans leur cauchemar. La clef de cet enfer, celle qui donne accès à une forme de Paradis, serait l'amour.

Une magnifique fable fantastique libératrice.

vendredi 31 décembre 2010

Alchimie


ALCHIMIE de Beth FANTASKEY, publié aux Editions du Masque, collection MsK, 2010.
(One Shot).

Résumé :

Dans le laboratoire du père de Jill Jekel, il y a une boîte, fermée à double tour.
Jill sait qu'elle ne doit y toucher sous aucun prétexte. Mais quand son père est retrouvé assassiné dans des circonstances mystérieuses et qu'elle découvre que ce dernier avait vidé le compte en banque destiné à payer ses études, elle n'hésite plus. Car cette boîte contient le secret de la transformation du célèbre Dr Jekyll en son alter ego maléfique, Mr Hyde. En reproduisant cette formule, Jill décrochera certainement la bourse d'études qu'elle convoite.
Au laboratoire, elle est aidée par son ami Tristan Hyde, dont les motivations sont plus obscures... et plus dangereuses. Parviendront-ils à résister au pouvoir de l'élixir ? Tout n'est qu'une question d'alchimie... [source : Ed. du Masque]

Ce que j'en pense :

C'est l'histoire d'une fille timide qui n'aime pas le feu, mais qui adore jouer avec la flamme. L'histoire d'un garçon qui était davantage que simplement lui-même, et ne s'en satisferait probablement jamais. Un récit classique revisité, ponctué de secrets indicibles, un roman d'amour et d'horreur.

Plus on avance dans le livre, plus les chapitres sont courts, haletants, et la chute se rapproche. Le rythme est de plus en plus soutenu, et si ça ne fait pas de ce roman une œuvre incontournable, il n'empêche que j'ai été contente de lire un texte un peu plus mature que d'habitude (pour un roman ado).

Relire Stevenson est une nécessité, avant ou après la lecture d'Alchimie.

vendredi 17 décembre 2010

Bal de givre à New-York


BAL DE GIVRE A NEW-YORK de Fabrice COLIN, publié chez Albin Michel, collection Wiz, 2011.
(One Shot).

Résumé :

Anna Claramond ne se souvient plus de rien.
Seul son nom lui est familier. La ville autour d’elle est blanche, belle, irréelle. Presque malgré elle, la jeune fille accepte les assiduités du beau Wynter, l’héritier d’une puissante dynastie. Bal de rêve et cadeaux somptueux se succèdent avec lui mais Anna sent que quelque chose ne va pas. Qu’elle est en danger. De plus, des indices et des messages sont semés à son attention par l’insaisissable Masque, un fugitif recherché.
Qui est son ennemi, qui est son ami ? Anna sait qu’elle doit se souvenir. Mais que lui réservera sa mémoire une fois retrouvée ? [source : Ed. Albin Michel]

Ce que j'en pense :

A la liste des sujets qui me déplaisent, outre la politique et les guerres (avec une mention spéciale pour la seconde guerre mondiale), on peut désormais officiellement ajouter les évènements autour du 11 septembre.

Je n'ai pas aimé ce livre. Tout d'abord parce que le ton de l'auteur, au fil des pages, est exagérément pompeux, comme s'il voulait prouver au monde que la Langue Française se détériore dans la plupart des romans ados et qu'il refusait de participer au massacre. Chose qu'il n'a pas réellement accomplie selon moi car si en terme de langue, le niveau est rehaussé, le sujet du livre coule toute possibilité de réconciliation avec le lecteur insatisfait que je suis.
Il nous emmène à travers près de 300 pages en faisant croire à une magnifique histoire d'amour bien stéréotypée, en nous privant en fin d'ouvrage de la satisfaction escomptée.

Ce monde auquel on a cru pendant le récit tombe complètement à plat, et j'avoue que j'ai regretté d'avoir passé 3 heures à le lire.

Le fantastique n'est plus tangible dans les mots de Fabrice Colin, et j'ai la certitude que ce qu'il écrira à l'avenir ne sera plus à mon goût, à moins qu'il ne se démarque par un nouveau style, plus proche du réel dont il fait maintenant partie et où il semble avoir trouvé sa place et planté sa plume. Il utilise l'irréel pour servir une cause réelle, un masque apposé pour rendre le sujet moins abrupt.

Les romans d'Old Haven ou du Maître des Dragons sont loin, et sa série des "Soeurs Wilcox" comme tout ce qu'il écrira dorénavant s'adressera à un public différent, moins féru de fantastique.