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mercredi 3 août 2011

L'homme du soir


L'HOMME DU SOIR de Mo HAYDER, publié chez Pocket, collection Thriller, 2009.

Résumé :

Brockwell Park.
Chaque allée, chaque fourré grouille de policiers en chasse. Un hélicoptère survole le jardin public. Et l'inspecteur Jack Caffery redoute le pire... Du petit Rory Peach ne reste plus qu'une basket tachée de sang. Chez les enfants du coin, la rumeur enfle : voilà quelque temps déjà qu'un certain " troll " les poursuit jusque chez eux. Fantasme de gosses ? Caffery, dont le frère a disparu vingt ans plus tôt dans des conditions similaires, sent refluer d'amers souvenirs.
A l'époque, lui-même n'a-t-il pas instinctivement soupçonné Penderecki, son voisin, pédophile reconnu mais jamais démasqué ? Depuis le drame une tension perverse, obsessionnelle, l'étreint à chaque fois qu'il le croise. Derrière l'affaire du " troll ", c'est un passé jamais enfoui, un cri intérieur jamais étouffé qui ne demande qu'à exploser... [source : Ed. Pocket]

Ce que j'en pense :

Jeunes parents sensibles : s'abstenir.
Le roman tourne autour de la perversion et du viol de mineurs, mettant en scène les dessous d'un réseau de pédophilie particulièrement étendu.

Le lecteur possède enfin des réponses quant au jeune frère disparu de l'inspecteur Caffery. Toutefois, en refermant le livre, on regretterait presque de connaître la vérité, tant elle est insoutenable.

De tous les livres de Mo Hayder que j'ai lus (à savoir tous excepté pour l'instant "Rituels" puisque j'ignorais en lisant "Skin" qu'il s'agissait du premier opus de la série du Marcheur, ainsi que le tout dernier en date paru en français : Les lames) c'est de loin le plus glauque et le plus puissant, suivi de près par "Tokyo". Un pur bijou de frissons et d'angoisses avec ce je-ne-sais-quoi d'insupportable qui rend la réalité dans laquelle on vit un peu moins noire...

mardi 19 avril 2011

Soil
















SOIL
de Atsushi KANEKO, publié chez Ankama, collection Kuri, 2011.

Résumé :

Il se passe des choses étranges dans la Ville de Soil, petite banlieue résidentielle d’ordinaire plutôt calme… La disparition soudaine d’une famille apparemment sans histoire va briser la tranquillité de la cité et semer le trouble dans l’esprit de Yokoi et Onoda, les deux détectives chargés d’éclaircir ce mystère.
Ce qui de prime abord pourrait passer pour une enquête de routine va rapidement tourner à l’énigme mortelle pour les deux policiers. Car rien n’est vraiment ce qu’il semble être dans cette ville étrange… Les deux enquêteurs réussiront-ils à résoudre le mystère avant qu’il ne soit trop tard ? Un manga qui utilise et se réapproprie habilement les codes du thriller et du film d’horreur. [source : Ed. Ankama]

Ce que j'en pense :

Une série aussi mystérieuse que glauque, qui change de tout ce qu'on aurait déjà pu lire en manga.

Le premier volume s'ouvre sur plusieurs pages sans texte. L'introduction est emblématique de ce que l'on retrouvera par la suite : sous des allures de récit incompréhensible, la trame se dévoile petit à petit pour qui a su voir les signes amenés par l'auteur. Le lecteur inattentif devra relire les volumes au fur et à mesure pour profiter pleinement de l'histoire.

L'intrigue surnaturelle étrange et surprenante est doublée d'une enquête policière classique, menée par deux inspecteurs. Un vieux dégoûtant aux manières laissant à désirer, macho et paresseux et une jeune inspectrice à la beauté absente, pleine d'entrain, servant de larbin au premier.
Une disparition a eu lieu, une famille entière a disparu de Soil, une ville de banlieue protégée où il ne se passe presque rien. Partant de là, tout se fissure, les animosités se révèlent, les caractères et les fautes se font plus présents.

La frontière entre réel et fantastique est bien souvent franchie, empêchant au lecteur de se fixer une limite dans les possibles causes dont résultent les bizarreries qui ont lieu.

Les graphismes séduiront par leur franchise, un trait qui ne met rien en valeur, sans trame ou presque, et un découpage de cases carré, rare pour un manga.

Chaque volume me surprend davantage, et je remercie Ankama d'avoir publié ce titre si spécial de l'auteur trop méconnu de Bambi (Ed. IMHO).

samedi 9 avril 2011

Birdman


BIRDMAN de Mo HAYDER, publié chez Pocket, collection Thriller, 2001.

Résumé :

Dans un terrain vague de la banlieue de Londres, une pelleteuse met au jour cinq cadavres de femmes atrocement mutilées.
Un seul lien unit tous ces corps tailladés puis recousus : un oiseau a été enfermé vivant à l'intérieur de chaque cage thoracique. C'est avec ces meurtres en série que l'inspecteur Jack Caffery inaugure son nouveau poste au Service régional des enquêtes sensibles. Entre l'hostilité de certains de ses collègues, sa vie conjugale étouffante et la tension grandissante entre lui et un voisin qu'il soupçonne d'être responsable de la disparition de son propre frère, Caffery est mis à rude épreuve.
Mais l'enquête dont il est chargé est de celle qui font oublier tout le reste. D'ailleurs, il le sait d'expérience : le cauchemar ne fait que commencer. [source : Ed. Pocket]

Ce que j'en pense :

L'inspecteur Caffery, un des deux protagonistes de la série du "Marcheur", commence sa carrière à Londres, avant de se faire muter à Bristol.
Le premier livre le concernant, Birdman, met en scène une enquête assez glauque et pas trop prévisible. L'auteur dont (à mon sens) le talent s'exprime pleinement dans "Tokyo" et la série du Marcheur nous sert ici un bon thriller.

Apprendre le passé de l'inspecteur est plaisant, puisque l'une des intrigues secondaires de ce livre réapparaît de manière plus superficielle dans les livres qui suivront, on parle de la fameuse disparition du jeune frère, mais jamais autant de détails ne sont donnés qu'ici.

Une lecture sympathique qui rassasiera les amateurs de scènes dérangeantes.

lundi 14 février 2011

Hellblade


HELLBLADE de Je-Tae YOO, publié chez Ki-Oon, 2011.

Résumé :

Londres, 1888.
La ville entière est plongée dans la peur depuis que Jack l'Éventreur rôde dans les ruelles mal famées de Whitechapel. A la nuit tombée, il traque, assassine et mutile ses victimes avec une extrême férocité. Son macabre rituel se répète inlassablement, laissant les enquêteurs sans le moindre indice. Mais les apparences sont trompeuses : bourreau comme victimes dissimulent un effroyable secret... Un ballet gore et énigmatique, véritable ré-interprétation du mythe de Jack l'Éventreur... [source : Ed. Ki-Oon]

Ce que j'en pense :

Précisons d'abord que puisqu'il s'agit d'un manhwa coréen et non d'un manga japonais, le style exact ne serait pas "seinen" mais "chungnyun", quoiqu'il s'agisse d'une catégorie équivalente désignant un titre pour les adultes, du fait ici de sa violence et de la maturité de certaines scènes.

En effet, niveau violence, le lecteur est servi. Pour une adaptation de Jack l'Éventreur, quoi de plus normal finalement. Mais en lisant cette série, on réalise que l'auteur va bien plus loin que ce que l'on avait imaginé, car ce que traque Jack, et les prostituées qu'il laisse mortes dans les ruelles sombres cachent bien leur jeu ! Le mythe a été entièrement revu à la sauce fantastique et pourra décevoir ceux qui attendaient une adaptation fidèlement et purement historique.
Les autres apprécieront le côté imaginatif qui confère à l'ensemble une profondeur nouvelle et permet de revoir Jack moins noir qu'on ne se l'imagine.

Serait-ce donc une ode à un tueur en série notoire ? Étrange réinterprétation qui marque cependant le début d'une série glauque, gore et vraiment addictive qui plaira sans nul doute à tous les lecteurs de Wolf Guy.

mardi 8 février 2011

Deadman Wonderland
















DEADMAN WONDERLAND
de Jinsei KATAOKA, publié chez Kana, collection Dark Kana, 2010-2011.

Résumé :

Deadman Wonderland, la prison d'où on ne revient pas ! Ganta est accusé d'avoir tué tous les élèves de sa classe.
Il est incarcéré à la prison Deadman Wonderland. Pour gagner des jours de vie supplémentaires, les détenus doivent s'affronter dans des épreuves mortelles ! Ganta parviendra-t-il à rester en vie ? [source : Ed. Kana]

Ce que j'en pense :

Cachée aux yeux du monde sous couvert d'un parc d'attractions, cette prison privée bien connue n'est pas ce qu'elle semble être. Le jeune Ganta l'apprend à ses dépends quand on tue tous les membres de sa classe pour le faire accuser, enfermer à vie et condamner à mort.
Entre les murs de cet enfer dont on ne s'échappe pas, il est obligé de réapprendre à vivre, et un tout nouvel univers s'offre à lui : il réalise qu'il a un pouvoir particulier (raison probable de son enfermement injuste) et qu'au sein de l'établissement, les gens comme lui sont de simples cobayes.

Les graphismes sont superbes, très fins et d'une extrême précision. Les couvertures des volumes sont un régal à elles seules et jointes aux premières pages couleurs de chaque tome, cela fait vraiment de ce manga un titre à part.

Très violente, la série oscille entre une exubérance un peu trop poussée et une histoire sombre d'anticipation assez plaisante. Les mécanismes internes de fonctionnement de la prison ne sont pas révélés d'une traite et j'espère qu'ils ne tenteront pas de faire durer la série trop longtemps sous peine de la voir s'essouffler car même si en terme de violence on pourrait classer ce manga dans la catégorie "Seinen" (adultes), il s'agit d'un shônen mature. Le risque de voir apparaître les grands axes classiques de ce genre sont donc à prévoir (ou à craindre) puisque la série se verrait découpée en arcs assez répétitifs sans faire réellement avancer l'intrigue.

En tout cas, sur les 4 volumes parus pour l'instant, cela reste très prenant ! Affaire à suivre !

lundi 3 janvier 2011

Mal-Morts


MAL-MORTS de Jean-Marc LIGNY, publié chez L'Atalante, collection Le maedre, 2010.
(One Shot).

Résumé :

Elodie est une jeune fille douée d'une étrange faculté, elle attire des fantômes qui se nourrissent d'elle.
Et elle est épuisée par ce combat, au point de plus savoir qui va la tuer au juste : ses parents, la clinique ou les morts. Sans doute les trois à la fois. Une seule choses pourrait l'aider à sortir de cet enfer: l'Amour. La rencontre avec Orfan, son idole, star adulée de la jeunesse, qui l'intègre à son groupe de rock, la transfigure. Mais l'amour, qui repousse les morts, peut être aussi un poison pour les vivants. [source : Ed. L'Atalante]

Ce que j'en pense :

Sans concessions. Un vrai bon roman ados sur les fantômes et la folie.

L'auteur nous prend aux tripes en mettant tout les personnages à nu, subtilement.
A travers les problèmes (revenants récalcitrants) de la jeune fille, en sont abordés d'autres. Les gens qui l'entourent perçoivent son mal et l'associent à ce qu'ils peuvent : maladie, folie, anorexie, demande d'attention, émancipation, caprice, mal-être, manque d'affection, ...

Entourée de mensonges et de secrets, Élodie réalise que ce ne sont pas les morts les plus mal lotis, mais plutôt les vivants, enfermés dans leur cauchemar. La clef de cet enfer, celle qui donne accès à une forme de Paradis, serait l'amour.

Une magnifique fable fantastique libératrice.

mercredi 3 novembre 2010

CFSL Shuffle 1 - Speed Paintings


CFSL SHUFFLE Tome 1 - Speed Painting (Collectif), publié chez Ankama, collection Café Salé, 2009.

Résumé :

Café Salé Ink vous présente la série CFSL Shuffle. Une suite de petits livres thématiques à emporter partout.
Peu connu du grand public, le speed painting est un exercice de peinture numérique rapide et un phénomène en pleine expansion. L’idée étant d’exécuter en quelques heures maximum une œuvre complète, les auteurs ont su trouver des manières expressives et synthétiques pour retranscrire rapidement leurs visions. Chaque artiste parvient en quelques instants à réaliser une illustration avec des techniques personnelles en couleurs ou en noir et blanc. Personnages ou paysages, scènes d’action ou concepts : l’essence de chaque idée et la sensibilité des auteurs jaillissent immédiatement et avec une forte présence. Une édition www.cfsl-ink.com ! [source : Ed. Ankama]

Ce que j'en pense :

Dommage qu'ils soient assez chers, ces petits art books.
J'aime vraiment le trait de certains de ces illustrateurs, modernes, improbables, parfois sombres et glauques, tantôt mignons et attachants.
La série des CFSL Shuffle comporte plusieurs titres aujourd'hui, mais il est triste de savoir que les auteurs qui couvrent les pages ne sont pas (ou excessivement peu) rémunérés pour leurs œuvres. Un moyen moderne de se faire connaître et publier ou une vaste entreprise d'exploitation et d'argent pour un éditeur ? A chacun de voir.

vendredi 29 octobre 2010

Le rêve du papillon 1


LE RÊVE DU PAPILLON - Volume 1 de Richard MARAZANO et Yin LUO, publié chez Dargaud, 2010.
(Volume 1/4).

Résumé :

Tutu s'est réveillée dans un monde inconnu et absurde où l'amour est éternel.
Un monde gouverné par un dictateur, où des lapins bizarres la suivent partout, et dont les habitants ne l'aiment pas beaucoup... La petite fillette souhaite très vite qu'une seule chose : rentrer chez elle. Une fable magique et intemporelle an quatre albums dans un monde de poésie, d'humour et de fantaisie. [source : Ed. Dargaud]

Ce que j'en pense :

Une sorte d'Alice au Pays des Merveilles, dans l'univers industriel de Charles Dickens. Magique et pénétrant.
La série semble un peu confuse de prime abord, troublant le lecteur car pris de court par l'animosité des créatures animales anthropomorphes est terrible. Ils bannissent les humains de leur société, confrontant le lecteur à une société abominable dans laquelle est coincée (semble-t-il) notre jeune héroïne. Pourtant, ce monde peut être plein de magie et de douceur pour qui sait la trouver...
Cette histoire conviendra à des jeunes à partir de 12 ans, et sans limite d'âge au delà.

Les graphismes sont empreints d'un je-ne-sais-quoi qui rappelle le manga, sans s'en rapprocher pour autant. L'ensemble donnant un rendu esthétique très doux, fluide et glacé par endroits.

Trois volumes encore pour connaître la conclusion de cette aventure !

jeudi 28 octobre 2010

Lyz et ses cadavres exquis


LYZ ET SES CADAVRES EXQUIS de Alexis HORELLOU et Delphine LE LAY, publié chez Petit à Petit, 2010.
(One shot).

Résumé :

Lyz vient de perdre son père, thanatopracteur de son village. Elle ne l'a pas avoué aux gens qui viennent la voir pour faire préparer le corps de leurs proches défunts en vue de leurs enterrements. Mais Lyz a beau avoir observé son père pratiquer, elle a des goûts bien personnels qu'elle met en avant lorsqu'elle pratique. Et la suspicion des villageois commence là. Il est clair pour eux que le bonhomme est dérangé, vu comment il prépare les cadavres ces derniers temps, et personne ne l'a plus croisé depuis...

Ce que j'en pense :

On retrouve ici une petite fille qui a des goûts bien étranges, à l'image sans doute de son éducation. Elle a grandi dans un funérarium et a souvent observé son père préparer les morts.
L'histoire est assez sombre, on retrouve l'ambiance des contes campagnards de la littérature classique française (Maupassant, Seignolle...) avec un je-ne-sais-quoi de terrible en plus.

Les images sont magnifiques, les dessins aux lourds aplats de couleurs directes et crues à l'acrylique ont une force incroyable et rendent l'œuvre extrêmement marquante. Les couleurs (et la qualité) de la couverture correspondent à ce qu'on trouvera en ouvrant le livre, chose assez rare pour une bande dessinée, ou généralement la couverture laisse présager des merveilles qu'on ne retrouve que rarement une fois le livre ouvert.

Les auteurs ont retracé sur un blog la petite histoire de la création de l'oeuvre à l'adresse suivante : http://aventuredelyz.over-blog.com/
On retrouve une partie de ces photos et informations en fin d'ouvrage dans la section intitulée "Les coulisses de Lyz" qui nous éclaire sur la création de cette bande dessinée.

mercredi 20 octobre 2010

Rose-Aimée 1 - La belle qui porte malheur


ROSE-AIMÉE volume 1 : La belle qui porte malheur de Béatrice BOTTET, publié chez Nouvel angle, 2010.

Résumé :

Une grande histoire d'amour et d'aventure, entre la Californie de la ruée vers l'or et le Paris populaire du dix-neuvième siècle. Par Béatrice Bottet, l'auteur de la série à succès Le Grimoire au rubis. [source : Ed. Nouvel Angle]

Ce que j'en pense :

(à venir)

vendredi 8 octobre 2010

Dragon Head


DRAGON HEAD de Minetaro MOCHIZUKI, publié chez Pika, collection Graphic, 2010.
(Série en 10 vol.).

Si je n'avais que quelques lignes :

Un huis-clos post-apocalyptique et angoissant. Lors d'une excursion scolaire, le train déraille dans un tunnel. Les rares survivants vont devoir surmonter l'horreur ambiante et s'organiser pour économiser les réserves d'eau, de nourriture... et de lumière et surtout pour dépasser leurs peurs primales afin de chercher à comprendre s'ils sont pris au piège et condamnés ou s'il y a une sortie... Un excellent thriller horrifique en 10 volumes.

Résumé :

Lors d'un voyage organisé par une école, un train déraille dans un tunnel.
L'accident, dont la cause semble aussi imprévisible qu'insolite, est si brutal que tous les passagers du train meurent sur le coup, exceptés deux garçons et une fille. Téru, Nobuo et Ako, trois rescapés se retrouvent enterrés sous les décombres du tunnel et sont désemparés en découvrant toute l'horreur de la réalité. Un huis clos angoissant se met lentement en place, montrant la réaction des trois jeunes élèves face au chaos. [source : Ed. Pika]

Ce que j'en pense :

(à venir)

Version de luxe (grand format, pages couleur) mais tout de même un peu chère.
Notons la sortie conjointe d'un autre titre du même auteur, Maiwai, série en 11 volumes publiée également chez Pika Graphic.

dimanche 26 septembre 2010

Tokyo


TOKYO de Mo HAYDER, publié chez Pocket, collection Pocket Thriller, 2007.

Résumé :

Quand Grey débarque à Tokyo sans attaches, argent ni bagages, elle a beaucoup à prouver et encore plus à cacher.
Sa rencontre avec Jason, pour lequel elle éprouve une fascination immédiate, est déterminante : il lui trouve un toit, une maison délabrée vouée à la démolition, et un emploi dans un club à hôtesses très privé. Ses clients ? Des yakuzas et un étrange infirme accompagné d'une nurse à la silhouette monstrueuse... Mœurs inavouables, violence, écrasant secret... Ce nouvel univers est pourtant familier à Grey.
Le but de son voyage ? Retrouver un mystérieux film à l'existence contestée datant de l'invasion de la Chine par les Japonais. Un seul homme pourrait l'aider. Un survivant du massacre qui refuse de répondre à ses questions... [source : Ed. Pocket]

Ce que j'en pense :

Il y a tant de choses à dire sur ce livre, et pourtant, je dois trouver des mots qui ne gâcheront en rien la lecture de celui qui découvrira ce roman. Tâche ardue.

L'héroïne, Grey, est une jeune fille désaxée et instable dont la morale ne cadre pas avec celle du monde qui l'entoure. On lui a caché bien des choses, et l'une d'entre elle a fait naître un drame qui lui a conféré une sorte de névrose obsessionnelle qui la pousse à aller de l'avant.
Les méfaits de l'ignorance sont mis en avant à travers le passé de Grey et celui du lettré chinois à travers ses Mémoires qui nous sont dévoilées au fil des pages. Les horreurs de la guerre, de cette guerre, de cet évènement si particulier de Nankin durant lesquels de tels sévices ont été perpétrés qu'on en a enfoui le souvenir viennent nous heurter.

A travers une toile d'espionnage, et d'entraides inattendues, se dégagent les nombreux sévices moraux, psychologiques et physiques qui résultent de ces atrocités du passé des protagonistes. L'accent est mis sur les souvenirs qui nous hantent et la souffrance ou les tortures que l'on s'inflige lorsqu'on est empli d'une culpabilité dont rien ne pourra nous défaire.

Au fil des pages, l'auteur nous dépeint le monde de la nuit japonais et les milieux mafieux de manière surprenante, parsemant les pages de termes japonais qui ne sont jamais complètement traduits, mais qui doivent apparaître clairement explicites dans leur contexte... sur ce point je garde une certaine retenue que mes études de japonais m'imposent : je comprenais leur sens.

Du même auteur, dans la série du marcheur : Skin, Proies

vendredi 17 septembre 2010

Un employé modèle


UN EMPLOYÉ MODÈLE de Paul CLEAVE, publié chez Sonatine, 2010.

Si je n'avais que quelques lignes :

A Christchurch (Nvl-Zélande), il n'y a pas que les séismes et les tempêtes qui menacent les habitants... Joe est là aussi. Et il n'apprécie pas qu'on lui colle sur le dos un meurtre qu'il n'a pas commis.
Dans sa tête, tournoie l'indicible, et l'auteur nous met tout ça noir sur blanc.

Si je n'avais que quelques lignes (2) :

Plongez dans la tête d'un tueur en série. Dans ses pensées tournoie l'indicible et l'auteur nous met le tout noir sur blanc. A travers le calque déformé de ses pérégrinations, suivez l'enquête que Joe mène lorsqu'il réalise qu'on lui a collé sur le dos un meurtre qu'il n'a PAS commis !

Résumé :

Christchurch, Nouvelle-Zélande.
Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d'être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer sanguinaire accusé d'avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu'une de ces femmes n'a pas été tuée par le Boucher de Christchurch.
Il en est même certain, pour la simple raison qu'il est le Boucher de Christchurch. Contrarié par ce coup du sort, Joe décide de mener sa propre enquête afin de démasquer lui-même le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres. Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d'une originalité confondante transfigure tous les clichés du genre et révèle un nouvel auteur, dont on n'a pas fini d'entendre parler. [source : Ed. Sonatine]

Ce que j'en pense :

J'ai fini ce livre seulement quelques temps avant le séisme qui a ravagé Christchurch. Article sur la catastrophe. Comme pour prouver que les évènements s'enchaînent parfois de manière étrange...

Ce livre nous plonge dans la tête d'un tueur en série, qui a son propre crédo, ses valeurs, ses hontes et ses fardeaux. Il nous emmène à travers une toile déformée, sa vision du monde, et promène ses croyances avec lui.
Le but du roman n'est pas de faire du lecteur un enquêteur : les indices des éléments qui mèneront Joe à sa perte apparaissent de plus en plus clairement au fil des pages. Et pourtant il est certain que j'ai éprouvé un plaisir étrange en le voyant tenter de démasquer et de mettre à mal cet autre assassin, celui qui a tenté de rajouter sa victime à la liste de celles de Joe... en cela je peux dire que cette lecture m'a plu.

Ce livre rentre dans la catégorie des polars et on reste ici de manière certaine dans un registre horrifique, malsain, vicieux et glauque. Mais attention, rien à voir avec les écrits de Graham Masterton ou Poppy Z. Brite, ce roman est tout de même moins démonstratif.

Je dirais donc que c'était une lecture plaisante, mais que pour un lecteur de polar expérimenté, le livre manquera probablement d'originalité et les clefs de l'intrigue seront trop vite décelables.

lundi 2 août 2010

La séance


LA SÉANCE de John HARWOOD, publié aux éditions Le Cherche-Midi, collection NéO, 2010.

Si je n'avais que quelques lignes :

Un polar gothique, énigmatique et troublant, au coeur de l'Angleterre victorienne. Laissez-vous enivrer par le récit de Constance Langton, jeune fille en quête de son histoire, qui va malgré elle réveiller les sombres secrets d'un manoir maudit et lever le voile sur d'abominables tromperies et d'envoûtants mystères et apparitions...

Résumé :

Angleterre, fin de l'ère victorienne.
Constance Langton reçoit la visite d'un avocat, John Montague. Celui-ci lui annonce qu'elle vient d'hériter d'un manoir de famille dans le Suffolk, Wraxford Hall, et lui conseille de vendre la propriété sans perdre une seconde. Wraxford Hall jouit en effet d'une sinistre réputation : ses précédents propriétaires y sont morts dans d'étranges circonstances et une jeune femme, Eleanor Unwin, y a mystérieusement disparu avec sa fille.
Quels terribles secrets renferme Wraxford Hall ? Au fil du journal intime d'Eleanor et des recherches de Constance, deux femmes dont le désir d'indépendance dénote en pleine époque victorienne, se lèvent peu à peu les mystères qui entourent l'étrange demeure. Pièges machiavéliques et coups de théâtre en cascade, terreurs intimes, étranges obsessions et secrètes inconvenances, tout est réuni pour faire de cet hommage très moderne au roman gothique et victorien un chef-d'œuvre du genre. [source : Ed. Le Cherche-Midi]

Ce que j'en pense :

Selon moi, ce livre est un véritable bijou, sa couverture m'a d'emblée séduite, annonciatrice d'un contenu dont j'espérais beaucoup. Je n'ai pas été déçue, loin de là.
L'ensemble a la saveur délicieusement suave et désuète d'un roman gothique, sur fond d'intrigues et de découvertes de manuscrits emplis de mystères. L'histoire avance par touches successives, délicates.
On se laisse facilement prendre au jeu de l'auteur. Il faut admettre que ce roman moderne est un hommage excellent au genre susnommé, bien tourné et envoûtant. On se retrouve dans l'ambiance de l'Angleterre victoriennes, avec toutes les implications au niveau de la condition limitée de la femme, des superstitions en vogue (mesmérisme, apparitions, etc.) et où le fantastique frôle le réel.
Le recul historique actuel permet des libertés textuelles que les auteurs de l'époque ne possédaient pas, comme par exemple l'anglaise Ann Radcliffe pour "Les mystères d'Udolphe" (1794) qui a laissé des œuvres qui semblent se prendre davantage au sérieux et quoique Jane Austen ait déjà parodié le genre avec "Northanger Abbey" en 1798, les avancées de la médecine et de la science nous permettent aujourd'hui indéniablement de prendre un recul supplémentaire quant aux mœurs et superstitions de la culture victorienne.

Quand ce livre est arrivé en librairie, j'ai été étonnée de le voir en rayon "polar"... et puis finalement, l'enquête que mène l'héroïne tout au long des pages justifie certainement ce classement, mais loin d'être un thriller ou un roman noir, c'est une enquête historique au cœur de la société victorienne que l'on aura la chance de découvrir dans cette mystérieuse "Séance"...

mardi 27 juillet 2010

Le Grand Dieu Pan


LE GRAND DIEU PAN de Arthur MACHEN, publié aux Editions Ombres, collection Petite bibliothèque Ombres, 1993.

Résumé :

(à venir)

Ce que j'en pense :

(à venir)

lundi 31 mai 2010

L'étrange vie de Nobody Owens


L'ETRANGE VIE DE NOBODY OWENS de Neil GAIMAN, publié chez Albin Michel, collection Wiz, 2009.

Résumé :

Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal.
Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois. Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux...
L'Étrange Vie de Nobody Owens est un roman enchanteur, noir, magique, tendre et profond. La grâce absolue de Neil Gaiman, de retour après son livre-culte, Coraline. [source : Ed. Albin Michel]

Ce que j'en pense :

Etrange est la vie de Nobody Owens, si fait.
Pourchassé par un tueur qui vient de massacrer sa famille quoiqu'inconscient du danger, ce petit garçon de 2 ans se réfugie dans un cimetière où il est "adopté" par la communauté locale. Il grandit au milieu de tombes ancestrales et des fantômes qui les occupent. Il est éduqué par les habitants qui lui apprennent les arcanes de la magie dont il se sert à profit lors de ses escapades. Comme tout enfant, il fait des bêtises, mais celles-ci l'entraîneront à risquer sa vie dans de vieilles tombes, dans des univers surnaturels et fantastiques à vous donner la chair de poule !
Au fil des pages, le garçon grandit, d'expérience en expérience, il devient un jeune homme qui décide d'affronter son destin.

Le texte est entrecoupé de dessins aux formes biscornues, déformées, spectrales, qui donnent à l'ensemble un ton particulier. La lecture est vraiment facile, l'histoire surprenante, mais finalement le jeune "Bod" est plus proche de nous que ce qu'on pourrait croire de prime abord...

dimanche 16 mai 2010

Un regard par-dessus l'épaule


UNE REGARD PAR-DESSUS L'ÉPAULE de Pierre PAQUET et Tony SANDOVAL, publié chez Paquet, collection Blandice, 2010.
(One Shot).

Si je n'avais que quelques lignes :

Plus qu'une BD... une fable onirique qui décrit comment on peut être dévoré par ses rêves, combien les choses que l'on vit ou que l'on subit nous marquent et nous poursuivent sans que l'on n'ait de prises réelles dessus...

Résumé :

Pepe, de son véritable prénom Pepeto, est un petit garçon de 11 ans doté d'une imagination débordante quand il s'agit de faire des bêtises. Pas plus tard que ce jour, tout en sachant que sa mère n'appréciera pas, il décide d'acheter des fusées pétards qu'il tente de dissimuler dans sa chambre. Mais en passant devant la corniche du mur du salon, il s'aperçoit que la statue qui s'y trouve a bougé. Attiré par ce phénomène incroyable, il suit le petit personnage animé et bascule inexorablement dans une dimension qui l'isole totalement de sa maison. Malgré le découragement qui le gagne, il se décide à trouver coûte que coûte la sortie. Ne serait-ce pas par cette brèche où perce un rai de lumière ? [source : sceneario.com]

Ce que j'en pense :

Cru, troublant, déroutant, onirique et terrifiant.
Graphiquement, le trait de Sandoval, poétique et un brin effrayant, trouve sa place pour perdre le jeune Pepe dans les entrelacs terribles de sa souffrance, de ses doutes et l'emmener d'errances en illusions. Il croise mille souvenirs et expériences qui se font et se défont à son passage.

Comme Alice au pays des merveilles et Monsieur lapin, le jeune garçon suit la trace de cet homme au long manteau qui disparaît de décors en décors et le pousse à s'extraire de ces univers bancals pour retourner à la réalité, si douloureuse soit elle.

J'ai toujours apprécié les œuvres de Sandoval, oniriques et noires, celle-ci ne fait pas exception à la règle.

mardi 4 mai 2010

Contes glacés


CONTES GLACES de Jacques STERNBERG, publié chez Mijade, 2009.


Si je n'avais que quelques lignes :

Ce livre est l'indispensable outil de tous ces moments où vous n'avez rien à faire, où les minutes se succèdent en donnant l'impression que le temps s'allonge... Un artefact magique pour ouvrir toutes les portes secrètes de l'imagination et du fantastique, en parfois trois lignes seulement !


Résumé :

Plus de 250 récits brefs, qui relèvent du fantastique, de la science-fiction, de l'humour noir, de l'absurde.
Un univers délirant qui bouscule les règles du quotidien: le temps et l'espace se modifient sans cesse, les objets vivent, les corps se transforment, les êtres disparaissent, les chemins ne mènent nulle part, les objets ont d'étranges réactions, les miroirs reflètent des ombres, les squelettes s'animent, les trains ne s'arrêtent plus. La version intégrale des Contes glacés, pour provoquer frissons et sueurs froides. [source : decitre.fr]

Ce que j'en pense :

J'ai reçu ce livre d'une amie qui m'a dit qu'elle l'avait choisi parce que le contenu lui faisait songer à certains de mes textes. Cette considération de sa part représentait pour moi grand honneur. Effectivement, à chaque page, conte après conte, je me retrouve plongée dans un délice littéraire dont je me défais contre mon gré au bout de quelques histoires afin de garder en moi leur pleine saveur.
L'auteur parle de tout, de rien, il saisit certains moments magiques et fantastiques que l'œil et la raison refusent. Tantôt terribles, tantôt drolatiques, il est bien une impression que ce livre ne laisse pas : indifférent.

samedi 1 mai 2010

La forêt des damnés


LA FORET DES DAMNES, de Carrie RYAN, publié chez Gallimard Jeunesse, 2010.

Si je n'avais que quelques lignes :

Puissant et désespéré, suivez le combat de Mary dans un univers post-apocalyptique où les plaintes et râles de zombies vous bercent jour et nuit.
Un subtil mélange de genres entre Rohmer et Roméro...

Résumé :

Dans le monde de Mary, il y a des vérités simples. Les Sœurs savent toujours le mieux. Les Gardiens protègent et servent. Les Damnés, revenus de la mort, ne renonceront jamais. Et il faut se méfier de la clôture qui entoure le village. La clôture qui les protège de la Forêt des Damnés. Mais peu à peu, les vérités de Mary s'effondrent et son monde est plongé dans le chaos. Un monde post-apocalyptique peuplé de zombies. Une histoire d'amour ensorcelante. [source : decitre.fr]

Ce que j'en pense :

Il faudra attendre le deuxième volume, qui clôt l'histoire, pour rendre un avis définitif.
Jusqu'à présent, je n'ai pas été réellement convaincue par ce livre, et l'histoire d'amour annoncée dans le résumé ne m'a pas ensorcelée du tout. On a droit à des zombies, encore des zombies, toujours des zombies, et une jeune fille égocentrique dont l'amoureux est un imbécile et le reste de la clique qui ne vaut pas bien plus lourd. On se retrouve dans une société étrange, qu'on comprend petit à petit être la nôtre, des décennies après l'éveil des zombies. L'histoire n'a pas réellement de sens, on est content en cours de lecture de connaître les chiffres romains car (oh surprise !) les chemins découverts par la jeune fille sont balisés de la sorte. On tâtonne à travers un univers qui n'est pas assez détaillé et trop standardisé. S'il y avait un message philosophique, j'ai dû passer à côté ou marcher dessus tant il était discret, ou bien il s'était fait dévorer par un zombie...
Autour du petit village de départ, s'étend la "forêt de mains et de dents" (évitez de rire en le lisant) et Mary est persuadée qu'il y a quelque chose au-delà de la forêt, parce que sa mère lui a raconté des histoires datant de sa jeunesse. Pas de chance, personne d'autre n'y pense, on la prend pour une excentrique, à perdre son temps à autre chose qu'à tâcher de survivre... ceux qui l'entourent semblent obnubilés par leur combat existentiel désespéré.
De toute façon, pas la peine de s'attacher aux personnages, on pense que la situation est sans appel, tant mieux, ils finissent tous zombies ! C'est plus pratique, sûrement... En cours de lecture, on a presque envie d'aller les rejoindre soi-même.
La fin reste ouverte : suite à une chute, la jeune fille se retrouve à décapiter des zombies à la pelle sur une plage...

Après réflexion, ce livre m'a tout de même fait penser à "Moi qui n'ai jamais connu les hommes" de Jacqueline Harpman, cela nécessiterait un approfondissement que je laisse à d'autres le soin d'accomplir... notons que dans cet ouvrage-là, il n'y a PAS de zombies.