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lundi 2 août 2010

La séance


LA SÉANCE de John HARWOOD, publié aux éditions Le Cherche-Midi, collection NéO, 2010.

Si je n'avais que quelques lignes :

Un polar gothique, énigmatique et troublant, au coeur de l'Angleterre victorienne. Laissez-vous enivrer par le récit de Constance Langton, jeune fille en quête de son histoire, qui va malgré elle réveiller les sombres secrets d'un manoir maudit et lever le voile sur d'abominables tromperies et d'envoûtants mystères et apparitions...

Résumé :

Angleterre, fin de l'ère victorienne.
Constance Langton reçoit la visite d'un avocat, John Montague. Celui-ci lui annonce qu'elle vient d'hériter d'un manoir de famille dans le Suffolk, Wraxford Hall, et lui conseille de vendre la propriété sans perdre une seconde. Wraxford Hall jouit en effet d'une sinistre réputation : ses précédents propriétaires y sont morts dans d'étranges circonstances et une jeune femme, Eleanor Unwin, y a mystérieusement disparu avec sa fille.
Quels terribles secrets renferme Wraxford Hall ? Au fil du journal intime d'Eleanor et des recherches de Constance, deux femmes dont le désir d'indépendance dénote en pleine époque victorienne, se lèvent peu à peu les mystères qui entourent l'étrange demeure. Pièges machiavéliques et coups de théâtre en cascade, terreurs intimes, étranges obsessions et secrètes inconvenances, tout est réuni pour faire de cet hommage très moderne au roman gothique et victorien un chef-d'œuvre du genre. [source : Ed. Le Cherche-Midi]

Ce que j'en pense :

Selon moi, ce livre est un véritable bijou, sa couverture m'a d'emblée séduite, annonciatrice d'un contenu dont j'espérais beaucoup. Je n'ai pas été déçue, loin de là.
L'ensemble a la saveur délicieusement suave et désuète d'un roman gothique, sur fond d'intrigues et de découvertes de manuscrits emplis de mystères. L'histoire avance par touches successives, délicates.
On se laisse facilement prendre au jeu de l'auteur. Il faut admettre que ce roman moderne est un hommage excellent au genre susnommé, bien tourné et envoûtant. On se retrouve dans l'ambiance de l'Angleterre victoriennes, avec toutes les implications au niveau de la condition limitée de la femme, des superstitions en vogue (mesmérisme, apparitions, etc.) et où le fantastique frôle le réel.
Le recul historique actuel permet des libertés textuelles que les auteurs de l'époque ne possédaient pas, comme par exemple l'anglaise Ann Radcliffe pour "Les mystères d'Udolphe" (1794) qui a laissé des œuvres qui semblent se prendre davantage au sérieux et quoique Jane Austen ait déjà parodié le genre avec "Northanger Abbey" en 1798, les avancées de la médecine et de la science nous permettent aujourd'hui indéniablement de prendre un recul supplémentaire quant aux mœurs et superstitions de la culture victorienne.

Quand ce livre est arrivé en librairie, j'ai été étonnée de le voir en rayon "polar"... et puis finalement, l'enquête que mène l'héroïne tout au long des pages justifie certainement ce classement, mais loin d'être un thriller ou un roman noir, c'est une enquête historique au cœur de la société victorienne que l'on aura la chance de découvrir dans cette mystérieuse "Séance"...

mercredi 2 juin 2010

Lady Grace
















LADY GRACE de Patricia FINNEY, publié chez Flammarion, 2005-2010.

Résumé :

Sir Gérald a été assassiné ! Cette nuit, dans le palais même ! D'un coup de poignard dans le dos...
L'homme que l'on a arrêté ce matin est innocent. J'en suis sûre. Je vais trouver le véritable coupable. Foi de Lady Grace ! Lady Grace, demoiselle d'honneur à la cour d'Elizabeth Ire, mène l'enquête dans les couloirs du palais et les ruelles de Londres. Suivez-la dans cette première aventure... [source : Ed. Flammarion]

Ce que j'en pense :

Elle est la plus jeune des demoiselles d'honneur à la cour de la reine Elizabeth première, et contrairement à ses comparses, elle ne s'alanguit pas de se voir courtisée par les galants, elle ne rêve pas de draperies ou de fanfreluches, elle n'est pas réellement doués en travaux d'aiguille... Ses talent sont différents : son esprit aiguisé, doublé d'un sens inné de la déduction lui valent de gagner la position (secrète !) de Poursuivante d'Armes de sa Majesté. Pour la Reine, la jeune fille enquête sur des disparitions, des phénomènes étranges ou autres menaces proférées, le tout dans le plus grand secret. Elle joue d'esprit pour faire connaître l'avancée de ses investigations à la souveraine et est secondée dans ses aventures par une jeune lavandière nommée Elsie et un petit acrobate malin et agile comme un singe, Masou.

Chaque volume peut être lu indépendamment puisque retraçant chacun une enquête complète, mais ils gagnent à être lus dans le bon ordre.
Les livres se présentent sous forme d'extraits du journal intime de Lady Grace Cavendish, devenue pupille de la Reine suite au décès de sa mère. Elle retrace toutes ses aventures dans de petits carnets et nous y explique dans quelles circonstances celles-ci ont pu être consignées, et nous fait un compte-rendu détaillé de ses péripéties. Cela permet de présenter la cour de la Reine Elisabeth 1re et l'Angleterre de l'époque de façon extrêmement vivante.
J'apprécie le fait que le vocabulaire soit réellement soigné, beaucoup de termes d'époque sont employés et s'il y a un lexique en fin d'ouvrage pour expliquer les plus complexes d'entre eux, l'écriture un brin archaïsante est très rafraichissante. On retrouve également un rappel des faits historiques pour poser le contexte de l'époque.

Une série dont je ne me lasse de lire chaque volume !

lundi 17 mai 2010

Anastasia Krupnik



ANASTASIA KRUPNIK de Lois LOWRY, publié à L'Ecole des Loisirs, collection Neuf, 1990...

Les volumes de la série :

Anastasia Krupnik
C'est encore Anastasia !
Anastasia à votre service
Anastasia, demande à ton psy
Anastasia connaît la réponse
Une carrière de rêve pour Anastasia
Le nom de code d'Anastasia
Anastasia avec conviction
Toute la vérité sur Sam

Résumé :

Jamais Anastasia n'a été aussi furieuse que le jour où ses parents lui ont annoncé qu'elle allait avoir un petit frère.
Elle est allée dignement dans sa chambre, a décroché son poster d'orang-outang et a commencé à faire ses valises. Ses parents lui ont tout de même suggéré de passer Noël à la maison. Ils lui ont également dit que si elle restait, elle pourrait choisir le prénom du bébé. C'est alors qu'Anastasia a eu l'idée du prénom le plus abominable, le plus calamiteux qui puisse exister. Elle s'est empressée de le noter dans un endroit secret.
Ensuite, elle a ajouté " les bébés " dans la liste des choses qu'elle déteste. Anastasia met très souvent ses listes à jour. C'est nécessaire. Des événements totalement imprévisibles et indépendants de votre volonté peuvent vous faire changer d'avis. Qui aurait cru, par exemple, que des mots comme " les garçons ", " Mme Wesvessel " (la maîtresse), et même " les bébés " puissent un jour être rayés de la liste des choses qu'Anastasia déteste ? [source : decitre.fr]

Ce que j'en pense :

Aux côtés d'Anastasia, nous voilà transportés dans les années 80. Cette jeune fille à l'imagination débordante ne manque pas de répartie, elle réfléchit au monde qui l'entoure avec intelligence et malice et nous emmène la suivre dans ses aventures au quotidien.
Elle a 10 ans dans le premier volume, 12 ans lorsqu'elle revient et treize ans pour le reste de la série. Entourée de son père, professeur d'université et poète, sa mère, travaillant à la maison sur des illustrations d'albums jeunesse et de son petit frère Sam, elle a également un poisson rouge nommé Frank avec qui elle philosophe souvent.

Ces réflexions que l'on se pose dans l'enfance et dont on oublie parfois de se souvenir une fois devenu grand, mélangées à l'humour omniprésent qui déborde de cette jeune fille pétillante rendent cette série de romans absolument indispensables. Une fois lus, on a l'impression qu'une part de nous longtemps oubliée a été retrouvée, et avec elle le monde ne sera jamais plus pareil.

Un tout grand merci à Anastasia Krupnik, aux papiers peints fleuris, à la musique disco et aux meubles en formica.

Du même auteur : Passeuse de rêves, Les Willoughby

mercredi 12 mai 2010

Japan Aï


JAPAN AÏ - Trois copines au Japon, de Aimee Major STEINBERGER, publié chez Taïfu Comics, 2009.

Résumé :

En Japonais, " Ai " signifie " amour " et si vous aimez le Japon, soyez prêts à vous plonger tête la première dans le monde incroyable de la popculture japonaise ! Mais Japan Ai est avant tout un journal de voyage.
Aux dessins s'ajoutent naturellement des légendes détaillées narrant les aventures qui ont fait de cette visite une géniale et mémorable expédition. S'agit-il d'une bande dessinée ? S'agit-il d'un carnet de voyage ? Est-ce un guide ? Oui oui et oui. Ce livre sera apprécié par tout type de lecteur. Bien sûr les amateurs du Japon se réjouiront de connaître ou de reconnaître les destinations magiques que tout fan qui se respecte rêve de découvrir. [source : decitre.fr]

Ce que j'en pense :

Elle aime les BJD (Ball Jointed Dolls, poupées articulées), le Japon, sa culture et elle gribouille drôlement bien. Ses copines aussi sont des otaku...
Un miraculeux hasard lui permet de faire un reportage au sein de la maison-mère de la marque de manufacture de poupées qu'elle affectionne, et hop, les voilà au Japon !

En parcourant ce titre, j'ai repensé aux petits récits sur la vie quotidienne tels qu'en font Margaux Motin, Nathalie Jomard, Leslie Plee ou Pénélope Bagieu, et je me suis dit que je tenais entre mes mains quelque chose de très similaire sur le thème d'un voyage au Japon.
Vite lu, certes, mais à relire indéfiniment, pour retrouver les sensations d'un voyage au Pays du Soleil Levant tels que j'ai pu en faire... ou en rêver.

mardi 11 mai 2010

Constance


CONSTANCE - Journal d'une jeune fille aux premiers temps de la Nouvelle-Angleterre de Patricia CLAPP, publié à l'Ecole des Loisirs, collection Médium Poche, 1988.

Si je n'avais que quelques lignes :

Tout simplement le meilleur roman historique (sous forme de journal intime) pour adolescents jamais écrit... mais ce n'est là que moi humble avis.

Résumé :

Ce récit en forme de journal intime nous conte l'histoire vraie des origines de la colonie de Plymouth, fondée au 17ème siècle par des colons partis d'Angleterre à bord du Mayflower et qui débarquèrent en un coin du littoral de l'actuel État du Massachusetts, sur la côte est de ce qui devait devenir les États-Unis d'Amérique.
La jeune fille qui se tient sur le pont du Mayflower, en ce jour de Novembre 1620 où les émigrants arrivent en vue de la " Nouvelle Angleterre " ne se réjouit guère de ce qu'elle pense que l'avenir lui réserve dans ce pays de sauvages. Âgée de quatorze ans, vive, très féminine, sensible à l'attrait des jeunes hommes, Constance Hopkins regrette la vie qu'elle a laissée à Londres et redoute - à juste titre - la dureté de celle qu'elle va trouver ici.
Dans un cahier que lui a offert sa belle-mère, elle note au jour le jour événements et impressions, tenant ainsi la chronique vivante, parfois terrible, souvent drôle, des commencements du Nouveau Monde jusqu'aux jours de l'établissement définitif. [source : decitre.fr]

Ce que j'en pense :

J'ai lu et relu cette histoire. Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai ri et pleuré en suivant Constance dans son journal. Mon exemplaire (d'époque) est tout jauni, sali, déformé, il perd ses pages... et fait vraiment peur à voir. J'ai ces dernières années offert ce livre plusieurs fois, à des gens à qui je tenais énormément, parce qu'il renferme encore et toujours ma vision de l'amour, et cette magie inhérente à ces récits qui marquent notre histoire.
"Constance" fait partie de ces livres-là.

Je voudrais pouvoir dire que c'est le côté historique qui m'a accrochée, le réalisme avec lequel la dureté de la vie, les déboires et les souffrances sont vécues qui m'ont retournée... et pourtant, ce seront les caprices de cette jeune adolescente, ses tâtonnements, son amitié discrète, cette façon qu'elle a de tenir à ses proches, et plus que tout ses questionnements amoureux qui restent gravés dans ma mémoire.

J'avais d'ailleurs tellement lu ce livre durant ma jeunesse que je m'en étais fait une idée toute tracée. C'est en le faisant lire à un ami que je suis tombée des nues lorsqu'il m'a fait remarquer un second degré de lecture : mes yeux d'enfant continuaient de percevoir les choses innocemment, alors que certains passages pouvaient être réinterprétés de manière plus... coquine, ou suggestive, disons ! Combien de fous rires j'ai pu avoir en le relisant, en marmonnant "Ah, c'est vrai !" alors que l'image de toujours se teintait d'un langage d'adulte.
Je me souviens suite à cette découverte d'avoir lu des passages entiers, au micro d'un amphithéâtre (presque) vide avec une amie, dans le cadre d'émissions de radio fantasques, après avoir couvert le tableau de Pokémon en tous genres, ou un petit makkuro-kuro-suke tout en haut dans le coin, histoire que la prof ne l'efface pas....

Bref, pour moi "Constance" fait partie de ces romances incontournables que l'on doit lire enfant pour en savourer toute la fraîcheur, sans en gâcher la saveur.