mercredi 3 août 2011

L'homme du soir


L'HOMME DU SOIR de Mo HAYDER, publié chez Pocket, collection Thriller, 2009.

Résumé :

Brockwell Park.
Chaque allée, chaque fourré grouille de policiers en chasse. Un hélicoptère survole le jardin public. Et l'inspecteur Jack Caffery redoute le pire... Du petit Rory Peach ne reste plus qu'une basket tachée de sang. Chez les enfants du coin, la rumeur enfle : voilà quelque temps déjà qu'un certain " troll " les poursuit jusque chez eux. Fantasme de gosses ? Caffery, dont le frère a disparu vingt ans plus tôt dans des conditions similaires, sent refluer d'amers souvenirs.
A l'époque, lui-même n'a-t-il pas instinctivement soupçonné Penderecki, son voisin, pédophile reconnu mais jamais démasqué ? Depuis le drame une tension perverse, obsessionnelle, l'étreint à chaque fois qu'il le croise. Derrière l'affaire du " troll ", c'est un passé jamais enfoui, un cri intérieur jamais étouffé qui ne demande qu'à exploser... [source : Ed. Pocket]

Ce que j'en pense :

Jeunes parents sensibles : s'abstenir.
Le roman tourne autour de la perversion et du viol de mineurs, mettant en scène les dessous d'un réseau de pédophilie particulièrement étendu.

Le lecteur possède enfin des réponses quant au jeune frère disparu de l'inspecteur Caffery. Toutefois, en refermant le livre, on regretterait presque de connaître la vérité, tant elle est insoutenable.

De tous les livres de Mo Hayder que j'ai lus (à savoir tous excepté pour l'instant "Rituels" puisque j'ignorais en lisant "Skin" qu'il s'agissait du premier opus de la série du Marcheur, ainsi que le tout dernier en date paru en français : Les lames) c'est de loin le plus glauque et le plus puissant, suivi de près par "Tokyo". Un pur bijou de frissons et d'angoisses avec ce je-ne-sais-quoi d'insupportable qui rend la réalité dans laquelle on vit un peu moins noire...

mardi 2 août 2011

Cat's World
















CAT'S WORLD
de OKAMA, publié chez Soleil, collection Vegetal Manga Shoten, 2003.
(Série complète en 2 vol.)

Résumé :

Un groupe terroriste a utilisé un gaz bactériologique pour transformer en chats les 30 000 habitants d'une petite ville.
Depuis lors, la petite Kako Holen, unique rescapée de cet attentat, n'a de cesse de traquer les terroristes tout en continuant à rechercher son papa disparu. Un récit de " néo-fantasy " passionnant dessiné par Okama. Que l'aventure commence ! [source : Ed. Soleil]

Ce que j'en pense :

Dessins adorables et chatons à gogo.
L'histoire est un rien bancale et la fin trop spectaculaire à mon goût, et pourtant, je n'arrive pas à me sépare de cette série tant les graphismes me séduisent. Le côté "pro écolo" à deux balles et la pauvre petite orpheline qui recherche son papa et sa maman ne m'ont pas particulièrement accrochés.
Le scénario regorge de rebondissements parfois un peu trop rapides et certaines scènes sont un peu confuses. Malgré tout, cette série reste à recommander pour tout amoureux de chats et de mangas qui se respecte.

La traduction française est franchement douteuse, le lettrage à pleurer et l'édition de qualité franchement moyenne. Partant de là, pas étonnant que la série soit épuisée au jour d'aujourd'hui.

lundi 1 août 2011

Strobe Edge
















STROBE EDGE
de Io SAKISAKA, publié chez Kana, collection Shôjo, 2011.
(Série en 10 vol.)

Résumé :

Ninako est une jeune fille fraîche et naïve qui ne s'est jamais intéressée aux garçons...
Jusqu'au jour où elle fait la connaissance de Ren, l'idole de l'école ! Mais, alors que les sentiments de Ninako s'éveillent, Daiki son ami d'enfance, lui fait sa déclaration ! Les malentendus s'enchaînent... La jeune fille devra faire un choix, mais elle risque de perdre son meilleur ami... [source : Ed. Kana-Dargaud]

Ce que j'en pense :

Un concentré de fraîcheur autour des premiers émois amoureux.
L'héroïne découvre son premier amour, mettant en péril son amitié de toujours.
Bien féminine et agréablement bien dessinée, cette série (courte) ne renouvelle probablement pas le genre par son originalité, mais apporte une dose de fraîcheur malgré tout. L'innocence et les erreurs de la jeune fille y sont pour beaucoup !

J'ai résisté à pas mal de séries dans les nouveaux titres qui ont vu le jour dernièrement, mais je n'ai pas pu me retenir d'acheter celle-ci tant je la trouvait attachante. On ne se refait pas !

samedi 30 juillet 2011

La photo qui tue


LA PHOTO QUI TUE - Neuf histoires à vous glacer le sang de Anthony HOROWITZ, publié chez Le livre de Poche, collection Jeunesse, 2007.

Résumé :

Un appareil photo d'occasion bien embarrassant, une antique baignoire en fonte d'où s'écoule du sang, un bus de nuit sans passager, un ordinateur démodé qui affiche des messages inquiétants, un souvenir rapporté de vacances...
Neuf histoires à glacer te sang, où la réalité la plus anodine glisse inexorablement vers le cauchemar. L'horreur est un genre qu'Anthony Horowitz affectionne particulièrement. Il le pousse à son paroxysme en l'introduisant dans l'ordinaire et la banalité des choses qui nous entourent. [source : Ed. Le Livre de Poche]

Ce que j'en pense :

Des histoires londoniennes effrayantes à souhait.
Évidemment, l'auteur écrit pour les enfants, donc à trente ans, ce livre n'empêchera pas de dormir la nuit.
Quoique plus toutes récentes, ces nouvelles restent tellement ancrées dans le réel qu'il me paraît évident qu'elles sont à proposer à tout jeune homme ou toute jeune fille qui a envie de se faire peur en lisant (à partir de 10 ans).
Chacune d'entre elles présente une situation réaliste, qui dégénère invariablement, parfois là où on s'y attendrait le moins. Tous types de sujets y passent : les cadeaux aux parents, les trajets en bus, les jeux vidéos, le cauchemar qui nous poursuit le matin au réveil, etc.

Horowitz fait partie, selon moi, des grands auteurs pour jeunes ados. Ses histoires courtes effrayante, sa série fantastique "David Eliot" (2 vol.) et celles des "Frères Diamant" dans le domaine policier représentent pour moi des immanquables de la littérature jeunesse.

vendredi 29 juillet 2011

Les navigateurs de l'Infini


LES NAVIGATEURS DE L'INFINI - suivi de Les Astronautes de J.-H. ROSNY AÎNÉ, publié aux Editions Ombres, collection Petite Bibliothèque des Ombres - Les classiques de l'Utopie et de la Science-Fiction, 2011.

Résumé :

Les Navigateurs de l’infini, qui date de 1925, est sans doute son chef-d’œuvre.
Une mission d’exploration débarque sur Mars où elle découvre une race extra-terrestre, les Tripèdes, « irradiant une surnaturelle beauté ». Ils sont les derniers représentants d’une espèce très ancienne et très évoluée qui disparaît peu à peu, cédant la place à une nouvelle forme de vie, les Zoomorphes. Lors de son retour sur Terre, l’expédition ramène avec elle deux de ces êtres, un père et sa fille.
Cette dernière tombe amoureuse de l’un des terriens et le mode de reproduction sur sa planète étant quasi parthénogénétique, elle donne naissance à un hybride en pensant très fort au père qu’elle souhaite pour son enfant. [source : Ed. Ombres]

Ce que j'en pense :

Dans un style littéraire archaïque et charmant, l'auteur amène toute la fraîcheur de la science-fiction moderne dans ses balbutiements. Comme il est drôle de lire les conjectures faites sur des planètes dont on connaît aujourd'hui la nature (Mars, dans le cas de cet ouvrage).

Ce livre est à replacer dans son contexte. Écrit dans les années 20, il reste précurseur d'un style en développement, à mi-chemin entre le livre de science-fiction et le roman d'anticipation. Couvant malgré tout le désir de transmettre des valeurs (ouverture de l'esprit et de la perception, espoir, esprit d'aventure, entraide, partage, etc.) l'auteur place ses personnages dans un abîme fantastique sublimé où le lecteur, dévorant les pages de texte trop courtes couvertes d'un style au charme désuet, se perdra à son tour sur les côtes de la Planète Rouge.

Évidemment, j'adore.

dimanche 19 juin 2011

Amitiés mortelles


AMITIÉS MORTELLES de Ben ELTON, publié chez Le Livre de Poche, collection Thriller, 2009.

Résumé :

Depuis quelque temps, une série de meurtres à caractère rituel terrorise les Londoniens.
Le point commun des victimes : une fâcheuse tendance à persécuter leur entourage. Pour l'inspecteur Edward Newson, cette enquête revêt une importance particulière. Petit, rouquin, il est le plus jeune du service et se trouve régulièrement en butte aux moqueries et aux quolibets. Tandis que la liste des meurtres s'allonge, le tueur se rapproche étrangement des anciens copains de classe de Newson. Ce dernier plonge alors dans ses propres souvenirs - ceux de la promo 86 de l'école de Shalford.
Peu à peu Newson exhume les secrets de ses anciens camarades... Les haines, les maltraitances et les souffrances dissimulées. Des collèges anglais aux mœurs impitoyables aux rues de Londres où rôde la mort, un roman noir brillant, doublé d'une critique corrosive et cinglante de la société britannique... [source : Ed. Le Livre de Poche]

Ce que j'en pense :

J'ai eu l'avantage ultime de lire ce livre dans la ville même où se déroule l'intrigue : à Londres. Je passais un matin à travers un quartier ou une rue, et plus tard, posée dans un parc au soleil, voilà ces mêmes lieux qui apparaissaient sur le papier. Une expérience inoubliable.

Ce livre est le livre des complexes. Le roman qui rappelle à tous comment se passent les années d'école, et quels douleurs on ressent lorsqu'on a un défaut qui nous hante (physique, mental, ou autre).
Loin de ne transcrire que les terreurs habituelles à un bon polar, ce roman policier nous pousse la tête en avant dans l'horreur pure des choix qu'on regrette. Le passé tel qu'on se le rappelle ne devrait jamais se confronter à la réalité. Vous en doutez ? Lisez "Amitiés mortelles".

Je ne suis pas choquée facilement, et pourtant ce livre comporte vraiment des passages que je qualifierait de "gerbants" ou, dans un vocabulaire plus châtié, de réellement dérangeants.
Les personnages, quoique terriblement dérangés pour certains, restent réalistes à tel point qu'on en frissonne.

vendredi 17 juin 2011

7


7 de Richard MONTANARI, publié chez Pocket, collection Thriller, 2011.

Résumé :

Elle s'appelait Caitlin O'Riordan.
Ce minable appartement des Badlands, le quartier Nord de Philadelphie, sera son tombeau, son écrin. Noyée et sinistrement mise en scène, la jeune fugueuse n'est ni la première ni la dernière victime d'un esprit maniaque, d'un maître de l'illusion… Car c'est bien d'illusion qu'il s'agit. D'un jeu. Et Byrne et Balzano en comprendront douloureusement les règles. Qui est donc ce M Ludo, grand maître ès énigmes, qui ne semble pas vouloir s'arrêter en si bon chemin ? Quelle soif de sang et de gloire peut ainsi pousser l'homme à jouer avec la vie ? Dans cette grande maison peuplée d'ombres et de fantômes, le tueur poursuit son cauchemar d'enfant, son grand œuvre… Il y aura 7 tableaux, 7 scènes de crime.
Ni plus ni moins. Pour l'arrêter, Byrne et Balzano devront entrer dans son jeu, le jeu de la mort et du hasard. [source : Ed. Pocket]

Ce que j'en pense :

Probablement le meilleur des quatre volumes de la série. Angoissant, traître, surprenant, bien ficelé et terriblement glauque.

Dommage que l'auteur laisse là pour le moment les enquêtes des inspecteurs Byrne et Balzano.

Pour profiter pleinement de cette série dynamique et explicite, qui laisse une part belle aux psychopathes et autres tueurs en série, je recommande fortement de lire les volumes dans l'ordre, à savoir :
1) Déviances
2) Psycho
3) Funérailles
4) 7

lundi 2 mai 2011

We are always...
















WE ARE ALWAYS...
de FUJIMIYA Ayu, publié chez Tonkam, collection Shôjo, 2011.

Résumé :

Lorsque Haruna revient après une dizaine d’années dans la ville de son enfance, il retrouve Nori, Saeka et Kyo ses trois meilleurs amis à l’époque.
Mais si le jeune enfant renfermé s’est métamorphosé en un jeune éphèbe plein d’assurance, ce n’est pas le seul à avoir changé. Et quand l’amour s’en mêle... [source : Ed. Decitre]

Ce que j'en pense :

(à venir)

vendredi 29 avril 2011

Perle Blanche

















PERLE BLANCHE
de Laurence BALDETTI et Sébastien FLOC'H, publié chez Glénat, collection Grafica, 2009-2011.
(Série en 2 vol.)

Résumé :

Deux belles pirates élevées dans la magie vaudoue, Perle et Blanche, jouent les justicières contre le trafic d’esclaves. Leur ennemi de toujours, le Gouverneur, a décidé de se débarrasser une bonne fois pour toutes de ces empêcheuses de commercer en rond ! Il compte mener un procès public qui découragera tous les esprits séditieux. Mais c’est oublier un peu trop vite que les courageuses amies ont de nombreux alliés, parmi lesquels on compte bien sûr leur Mama et ses terribles sorts vaudous, mais aussi William, le jeune scientifique qui est en train de changer de camp, sous le charme de Blanche…Un diptyque à l'action et l'humour trépidants, mené par un Sébastien Floc'h, scénariste confirmé, et par Laurence Baldetti, une jeune dessinatrice à l'incroyable maturité. [source : Ed. Glénat]

Ce que j'en pense :

Une série en deux volumes qui mérite le détour.

L'ambiance coloniale est très bien rendue, l'action et le scénario excellemment mis en scène par la patte habile d'une dessinatrice au talent indéniable. Les deux héroïnes se battent pour une justice pas toujours simple à obtenir dans un monde d'inégalités et d'injustice où le droit des "sauvages" semble inexistant.

La fin du second volume laisserait penser qu'une suite est envisageable. J'espère qu'elle verra le jour prochainement !

jeudi 21 avril 2011

La fille qui voulait être Jane Austen


LA FILLE QUI VOULAIT ÊTRE JANE AUSTEN de Polly SHULMAN, publié chez Albin Michel, collection Wiz, 2010.

Résumé :

Julie, quinze ans, est habituée aux lubies de sa meilleure amie Ashleigh, même si, à cause d’elle, elle se retrouve parfois dans des situations improbables.
Après le roi Arthur, la stratégie militaire ou le ballet, la dernière passion en date de cette éternelle enthousiaste : Jane Austen ! Ashleigh veut à tout prix trouver le Mr. Darcy d’aujourd’hui en participant au bal d’une prestigieuse école de garçons. Et voici les deux inséparables vêtues de crinolines, en chasse pour dénicher le parfait héros austenien… mais attention à ne pas choisir le même (heureux) candidat ! [source : Ed. Albin Michel]

Ce que j'en pense :

Si l'héroïne - Julie - est douce, gentille et attachante, j'ai eu envie de me débarrasser d'Ashleigh tout au long du roman. Elle est fatigante dans tous les sens du terme, et elle tient plus de la mère de Jane et Elisabeth ou de la sœur cadette à la vertu légère que de celle qu'elle prétend incarner dans cette adaptation moderne douteuse d'Orgueil et Préjugés.

L'idée de base du livre est intéressante : remettre au goût du jour dans un roman pour adolescent récent l'époque et les mœurs austeniennes. Cependant, le rythme ne colle pas, les personnages sont inégaux et l'auteur s'est finalement contentée d'un pastiche très plat d'un chef d’œuvre littéraire. Le résultat qui en découle n'est pas du meilleur effet.

Certaines idées ou certains détails comme l'épisode du poème anonyme seraient à signaler tout de même, mais tant de choses m'ont déplu que je ne garde pas de souvenir impérissable de ce livre.
Les titres sont trop clichés, l'histoire trop simple, et l'héroïne secondaire trop insupportable.

Finalement, je préfère encore mon "livre dont vous êtes le héros" dans l'univers de Jane Austen : "Jane Austen et moi" de Emma Campbell Webster, publié chez Danger Public en 2008.